Portrait d’un finissant : Alexi Garneau

Promotion 2022, 31e cohorte des finissant.e.s

Dès ses débuts à l’école-atelier, Alexi Garneau est séduit par le chalumeau qui devient très vite sa technique de prédilection. Ses œuvres ressemblent à des dessins en verre aux lignes élégantes et électriques. Que ce soit avec le borosilicate ou le néon, ce contact physique avec le verre lui donne plus de liberté, de finesse et de compréhension en la matière. Interpellé par la sociologie de Charles Horton Cooley, le jeune néoniste prometteur se questionne sur la façon dont les interactions avec les autres influencent notre image de soi qui pour finir se dédouble sans cesse. Sa pièce maîtresse est un néon de trois visages qui s’emboîtent. L’œil captivé se perd sous les esquisses lumineuses et tente de percer ce qui habite au creux des pensées, au-delà de l’identité.

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Pourquoi avoir choisi le verre ?

Le verre est une matière très dynamique et je ne peux pas toujours prévoir ce qu’elle peut faire. Par contre, j’arrive à voir une seconde nature apparaitre lorsque je la soumets à de hautes températures. Lorsque je façonne le verre, cette matière arrive à changer complètement d’état et à prendre vie sous une autre forme. Le verre est généralement rigide, fragile et cassant. Grâce au feu, il devient visqueux et malléable, modelable dans un simple geste. Pour moi, il est le matériel idéal pour illustrer et innover chacune des singularités essentielles à ma créativité.

Que veut dire le mot identité pour toi ?

Le mot identité n’est pas un mot qui m’apporte beaucoup d’importance. J’ai l’impression que ce mot sert à catégoriser un individu dans un groupe pour mieux le cerner ou même le juger. Les groupes ne sont jamais constitués que d’une seule personne, mais de plusieurs personnes différentes, donc une identité distincte à chacun. D’après moi, le mot identité et ce qu’il suppose sont très subjectifs et peuvent bloquer l’envie de savoir ce qui est Au-delà de l’identité.

Quelle autre forme d’art t’intrigue ?

L’art améliore constamment notre ouverture d’esprit en s’adressant à nos sens et à nos émotions. J’aime créer, imaginer, réaliser et même douter. Depuis  longtemps, j’ai une certaine attirance pour les arts de la rue comme le Wheat Paste. Contrairement au graffiti, cette forme d’art de rue n’est pas complètement illégale. Le Wheat Paste consiste à coller des dessins ou images imprimées dans des ruelles et bâtiments abandonnés grâce à une colle artisanale à base d’eau et de farine. Cette technique artistique me plaît parce qu’elle est éphémère et ne vise pas à détruire l’espace public. D’après moi, l’art de rue est beaucoup plus accessible au public que l’art en galerie parce que je ne pense pas que tout le monde est confortable d’aller dans une galerie. Par contre, tous les deux ont le même but, soit de communiquer un message et de réfléchir sur celui-ci.

Quelle est la technique du verre qui t’apporte le plus de liberté lors de la création ?

Mon atelier favori pour travailler le verre est l’atelier de chalumeau. Ce que j’aime particulièrement, c’est de pouvoir toucher la matière directement à mains nues et de pouvoir la façonner dans la flamme. Dans la production d’un objet d’art, le sens du toucher à toute son importance. Que ce soit avec le borosilicate ou le néon, ce contact physique avec le verre me donne plus de liberté, de finesse et de compréhension en la matière lors de mes créations.

Travailler le verre est synonyme de passion pour la majorité des verriers. Comment vois-tu cette passion ?

Je qualifierai ma passion pour le verre comme une longue expédition. J’ai l’impression que cette passion me guide vers un chemin menant à un but qui m’est encore aujourd’hui inconnu. D’après moi, le fait de devenir artisan verrier et d’avoir son propre atelier n’est pas le but ultime. Au contraire, ils ne sont que les premières étapes du parcours et qu’il ne faut surtout pas s’arrêter. Il faut pouvoir poursuivre le travail, l’expérience, la recherche et la création. Il faut pouvoir échanger avec d’autres, c’est avant tout un travail d’équipe.

Que retiens-tu de tes études à Espace VERRE ?

Cette école, unique, située dans le sud-ouest de Montréal est un lieu de création qui se distingue probablement des autres ateliers du Québec, du Canada et même des États-Unis. Espace VERRE permet à notre communauté d’artistes et artisans verriers du Québec d’avoir accès à un endroit exceptionnel d’entraide, de rencontres et de créations, axées sur une même passion. Un point de rencontre indispensable pour étudiants,  professionnels ou artisans du verre. L’école m’a permis de découvrir cette passion commune pour le verre et d’en faire mienne. Un milieu bénéfique à la création, à l’échange, à une complicité, une humanité, aux amitiés.

 

Le vernissage de l’exposition Au-delà de l’identité aura lieu à la galerie Espace VERRE, le jeudi 9 juin prochain, à 18h.

Toutes les photographies ont été prises par le photographe Thomas Martin-Creuzot (site).

 

 

 

 

 

Par |2022-06-08T10:28:10-05:00juin 8th, 2022|Actualité|0 commentaire